L’édition de livres sur Internet au Québec et ailleurs en Occident

La Fondation littéraire Fleur de Lys est le seul éditeur libraire francophone en ligne sur Internet au Québec, au Canada et en Canada, comparativement à l’Europe qui en compte plus d’une trentaine, principalement en France.

TOUTES LANGUES CONFONDUES

On dénombre plus d’une centaine d’éditeurs libraires en ligne sur Internet aux États-Unis d’Amérique, plus d’une soixantaine dans les pays européens, deux au Canada (un francophone et un anglophone) et un seul au Québec (francophone).

RICHESSE DU CONTENU

Les sites littéraires européens, y compris ceux des éditeurs libraires, sont de loin les plus riches en contenu libre d’accès aux visiteurs, comparés à ceux des éditeurs libraires nord-américains qui misent davantage sur le contenant que le contenu. Canada accorde depuis toujours une importance démesurée à la technologie et à l’emballage (présentation infographique) au détriment du contenu. En Europe, c’est le contraire parce que le contenu est déjà là avant même que la technologie soit disponible. Ainsi, lorsque les Européens acquièrent et/ou développent la technologie, souvent pour rependre un retard sur les Américains, ils le font toujours dans l’optique de la mise en valeur d’un contenu déjà disponible, actuel et historique. Bref, si l’Europe a longtemps accusé un retard technologique sur l’Amérique, elle a aujourd’hui à la fois l’avantage du contenu et du contenant pendant que l’Amérique court toujours après le contenu. La Fondation littéraire fleur de lys en a été personnellement témoin moins de deux mois après le lancement de son projet d’éditeur libraire en ligne. Nous avions alors un peu plus d’une centaine d’auteurs inscrits comme supporters du projet, ce qui représente un contenu intéressant. Deux organisations québécoises disposant d’importantes ressources technologiques mais en mal de contenu ont offert à la Fondation un partenariat. Les deux offres furent rejetées en raison du partage des profits proposé alors qualifié d’illogique compte tenu du contexte et, surtout, parce que si la technologie est aisée d’acquisition le temps venu, il en va autrement du contenu, à préserver des prédateurs. Un slogan en témoigna sur notre site pendant quelques semaines: La force des auteurs sur Internet: le contenu. Résistons !

L’INTÉRÊT POLITIQUE DES GOUVERNEMENTS
Québec

Le gouvernement du Québec n’a aucune politique et, par conséquent, aucun programme d’aide à l’édition en ligne sur Internet, quoique la conseillère chargée du livre au cabinet de la ministre québécoise de la culture et des communications reconnaisse que l’édition en ligne est l’avenir du livre. Lorsqu’un projet ne cadre pas dans l’une ou l’autre des politiques ou des programmes officiels d’un ministère, seule une subvention discrétionnaire de la ministre devient possible. Or, notre demande de subvention discrétionnaire adressée à la ministre est demeurée sans réponse officielle.

Quant à la position de la Société de développement des entreprises culturelles du gouvernement du Québec (SODEC), la déclaration de l’un des fonctionnaires responsables de l’aide à l’édition en dit plus long sur l’attitude face à l’édition en ligne qui règne en coulisses au Québec: «S’il n’y a aucun éditeur libraire en ligne au Québec, c’est qu’il n’y a pas demande». Pourtant, ici comme ailleurs en Occident, les éditeurs traditionnels refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention. L’édition sur Internet devient alors la seule alternative valable pour les auteurs de ces manuscrits, d’autant plus que le refus des éditeurs traditionnels est davantage motivé par la saturation du marché du livre traditionnel que par le manque de qualité littéraire. Bref, le fait de voir son manuscrit refusé par un éditeur traditionnel n’est plus un indice de la qualité littéraire. Malgré le fait, la SODEC n’est pas encore impliquée dans un projet d’édition en ligne au Québec. Officiellement, cette société d’état observe que l’édition en ligne se développe… partout ailleurs, une observation qui ne la motive pas à l’action. Si la position du personnel politique de la ministre et celle de la SODEC n’encourage pas le développement de l’édition en ligne au Québec, il en va autrement de la position des fonctionnaires œuvrant dans le secteur du livre au sein du ministère. En effet, tous les fonctionnaires avec lesquels nous avons échangé au sujet de l’édition en ligne se montrent très favorables au développement de ce secteur au Québec. Malheureusement, la plupart d’entre eux rencontrent une forte résistance face à leurs efforts, entre autres, de la part de la chaîne traditionnelle du livre (associations d’éditeurs, de libraires, …). Ainsi, après plusieurs mois de travail en vue de doter les libraires indépendants d’une libraire virtuelle commune en ligne sur Internet pour faire face aux grandes chaînes, les fonctionnaires impliqués ont dû abandonner le projet par manque d’intérêt et de volonté des libraires visés. Notez qu’un projet similaire a été réalisé avec succès aux États-Unis d’Amérique. Enfin, notez que le ministère de la culture et des communications du Québec a été exclus de la table de concertation du livre où se retrouvent les intervenants de la chaîne du livre, et ce, à la demande de ces derniers souhaitant se réunir entre eux plutôt qu’en présence de représentants du ministère… qui les subventionne. Il s’agit sans doute de la seule Table sectorielle de concertation québécoise où les représentants du gouvernement sont exclus. Note : Au Québec, tous les secteurs d’activités où le gouvernement est impliqué d’une façon ou d’une autre possèdent leurs tables de concertation sectorielle, à la demande même du gouvernement. Habituellement, les entreprises et/ou organisations membres sont toutes représentées et elles recherchent activement la collaboration des représentants gouvernementaux, à l’exception de la chaîne du livre.

France

À la fin de 1999, la France compte pas moins qu’une trentaine d’éditeurs libraires en ligne. Leurs activités changent la donne et le gouvernement français se penche sur le phénomène dès l’an 2000 en tenant une commission sur le livre numérique où tous les intervenants de la chaîne du livre, traditionnelle et nouvelle,  partagent leurs points de vue. La commission publiera un rapport (Rapport Cordier) fort intéressant recommandant au gouvernement de la France d’encourager l’édition en ligne suivant différentes balises à l’image des compromis intervenus entre la chaîne du livre traditionnelle et celle du livre numérique. Depuis, le ministère de la culture et de la communication de la France s’implique activement dans le développement de ce nouveau secteur de l’édition  [ 1 ]     [ 2 ]    [ 3 ]. Pendant ce temps-là, le Québec accumule des années de retard.

Conseil de l’Europe

La plupart des pays européens ont au moins un éditeur libraire en ligne encouragé activement par le Conseil de l’Europe. Il suffit de visiter le site Internet  de l’organisation européenne (le lien conduit au téléchargement d’un fichier PDF de sauvegarde de la section de ce site internet réalisé par la Fondation littéraire Fleur de Lys, une action très utile à l’époque car la section dédiée a été supprimée) pour saisir toute l’importance accordée à l’édition en ligne. On y trouve plus de 500 feuillets d’information diverse. À lui seul, le titre de ce document dit tout : Examen des politiques nationales du livre « Les gouvernements aiment les livres (les livres électroniques aussi) ». Le site comprend également un annuaire des liens tout aussi éloquent. Dès l’an 2000, l’Europe parle de mesures urgentes dans le cadre d’une politique pour l’édition électronique. Pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec attend toujours pour aider l’édition électronique mais subventionne l’édition traditionnelle à raison d’une moyenne de 5 000$ canadiens par livre.

UN PROJET QUÉBÉCOIS, CANADIEN,… INTERNATIONAL

Il n’y a pas que des désavantages à être en retard car cela permet d’initier des projets en tirant profit de l’expérience des autres, de corriger les erreurs, d’offrir un service mieux adapté aux besoins réels. C’est du moins le cas du projet Manuscrit dépôt développé par la Fondation littéraire fleur de lys. L’affirmation peut paraître prétentieuse mais c’est la conclusion à tirer de l’implication de plusieurs auteurs européens dans la Fondation littéraire Fleur de Lys, préférant ainsi notre projet à tous ceux en cours sur leur continent. Les auteurs québécois pourraient aussi se tourner vers des éditeurs libraires francophones européens puisque l’Internet n’a pas de frontière. Mais de plus en plus d’auteurs québécois se joignent au projet. Au total, le projet regroupe plus de 250 nouveaux auteurs, auteurs et écrivains professionnels, les deux tiers du Québec, le tiers de la France, auxquels se sont ajoutés récemment des auteurs de la Suisse, de la Belgique, du Canada Français, des États-Unis d’Amérique, d’Amérique du Sud et d’Afrique.

L’ATTITUDE DE LA PRESSE DE PART ET D’AUTRE DE L’ATLANTIQUE

La presse nord-américaine aborde l’édition en ligne davantage sur le plan technique que littéraire, comparativement à la presse européenne qui accorde une grande importance à l’édition en ligne couvrant à la fois l’aspect technique et littéraire, souvent sur le même pied voire davantage que l’édition traditionnelle. À titre d’exemple, les grands quotidiens français traitent régulièrement des nouveaux titres édités en ligne dans leurs chroniques littéraires, faisant ainsi peu de différence entre un livre en librairie traditionnelle et un livre en librairie virtuelle (sur Internet). «Un livre est un livre», dit-on. En marge de leurs chroniques littéraires, la plupart des quotidiens français publient des dossiers réunissant plusieurs articles au sujet de l’évolution de l’édition en ligne. Ces dossiers traitent l’apport culturel (démocratisation du livre, diversité éditoriale, épanouissement social et culturel, contribution économique, …) et de la technologie associés à l’édition en ligne. Il en va de même dans les périodiques spécialisés. En Canada, les média francophones accordent peu ou pas d’importance à l’édition en ligne. Les articles traitant du sujet demeurent de rares exceptions. Pourquoi ? Parce que la perception de l’Internet par les médias nord-américains se concentre sur le contenant, sur l’internet lui-même, en particulier sur l’aspect économique et technologique des entreprises et du réseau, au détriment du contenu. Cette approche est souvent observée en Canada en bon nombre de domaines, sans doute, pour des raisons historiques anciennes et récentes. À titre d’exemple marquant, notons le changement d’attitude radical de la presse nord-américaine à la suite des déboires boursiers de plusieurs entreprises liées de près ou de loin au développement de l’Internet. Au cours des quelques années de prospérité ayant précédé ces déboires boursiers, la presse nord-américaine encourageait les investisseurs dans une course effrénée à la meilleure nouvelle d’investissement. Puis, au lendemain de l’avarie financière de l’économie virtuelle, plus rien sinon des dénonciations où la presse elle-même devait faire son mea culpa. «Chat échaudé craint l’eau froide» : la presse nord-américaine traite désormais de l’Internet avec une très grande réserve sauf dans le cas des dénonciations. Ainsi, le mot «Internet» éveille automatiquement, consciemment et inconsciemment, une profonde méfiance chez les médias nord-américains. Nous pouvons reprocher à ces médias de ne pas comprendre que c’est le contenant qui a chuté en bourse et non pas le contenu. La presse européenne, également témoin de l’éclatement de la bulle boursière de l’économie virtuelle, a cependant distingué très nettement le contenant du contenu, sans doute, ici aussi, pour des raisons historiques propres. Lors de notre première tentative en vue d’intéresser un grand quotidien québécois à notre projet d’éditeur libraire en ligne, le journaliste approché nous a rapporté s’être fait répondre par son chef des nouvelles que depuis la chute historique en bourse du géant mondial Nortel Networks, on se méfie des projets sur Internet. Dans une seconde démarche dans le même sens auprès d’un autre grand quotidien québécois, la critique littéraire en chef nous a répondu qu’elle connaissait peu l’Internet et qu’elle rencontrait déjà suffisamment de problèmes avec ses courriels, bref, que couvrir un projet littéraire sur Internet lui causerait beaucoup de problèmes, pour enfin nous référer au chroniqueur des nouvelles technologies de son quotidien. Or, ce dernier, comme il fallait s’y attendre, n’a rien vu de nouveau dans la technologie de notre projet, avec raison, car l’édition en ligne utilise une technologie lancée il y a plus de 20 ans. La nouveauté est dans le contenu non pas dans le contenant. Et le fait que plus de 200 auteurs se regroupent autours du premier éditeur libraire francophone en ligne en Canada n’a pas non plus suffi pour mobiliser l’attention d’une importante agence de presse québécoise. Aussi, le manque d’intérêt du gouvernement du Québec pour l’édition en ligne n’est pas étranger à l’absence quasi-totale de couverture de presse de ce secteur.

TÉMOIGNAGE D’UNE AUTEURE AU SUJET DE L’ÉDITION EN LIGNE

Lucie Roberge – Au sujet de l’édition en ligne. J’ai bénéficié de l’édition en ligne de mon conte Boule de Lumière, conte pour l’enfant en deuil, déjà refusé par quelques maisons d’édition traditionnelle. J’y vois beaucoup d’avantages : facilité et personnalisation des communications, économie de temps, possibilité d’ajustement en cours de travail, accès largement diffusé de l’information sur le livre en question, vente possible à distance, ajustement de données après parution, possibilité de lecture sur page WEB et d’animation d’un forum, expérience nouvelle pour l’auteur, plaisir d’échanger avec d’autres auteurs et de se savoir sur un chemin écologique. Je témoigne de la qualité et du professionnalisme du travail de la Fondation littéraire Fleur de Lys. Il me ferait plaisir de répondre à votre courriel sur la question de l’édition ou sur mon livre, n’hésitez pas à le faire. Lucie Roberge.

 

 

One comment on “L’édition de livres sur Internet au Québec et ailleurs en Occident

Les commentaires sont fermés.

Pour tout savoir sur le monde du livre et ses coulisses – Guide pratique et critique

Le monde québécois du livre et ses coulisses, guide pratique et critique, Serge-André Guay, Fondation littéraire Fleur de Lys. Cliquez sur la couverture ci-dessus pour en savoir plus.

Bienvenue

Soucieuse de bien informer ses auteurs, la Fondation littéraire Fleur de Lys met à leur disposition ce Centre d'information sur l'édition en ligne, le nouveau monde du livre, l'édition électronique, l'impression à la demande, le livre numérique, la vente de livres en ligne, la place du livre sur Internet, le papier électronique, le livre numérique,.... Ce site est rattaché à celui de la Fondation littéraire Fleur de Lys.

%d blogueurs aiment ce contenu :